Ce fut une journée intéressante tant par la qualité des intervenants politiques, techniques et institutionnels que par les perspectives qui s’y sont dégagées… ; journée utile si elle suscite rapidement l’émergence d’une véritable volonté politique commune afin de traiter le problème de l’aménagement de la RN20, axe de vie de notre département, infernal pour ceux qui l’utilisent.
En résumé, la RN20 c’est :
- - Des bouchons matin et soir pour tous les essonniens qui utilisent cet axe pour se rendre à leur travail ou en revenir,
- - Des bouchons lors des départs et retours de week-end, des vacances…
- - Une pollution sonore et olfactive, des vibrations,
- - Un « mur » entre l’Est et l’Ouest très difficile à traverser,
- - Une zone de non-droit pour les piétons, les cyclistes, les personnes âgées ou handicapées…
- - Pas de transports en commun vraiment efficaces parce que tributaires des bouchons…
La RN20, c’est aussi depuis 40 ans :
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- Une situation bloquée par le projet C6. Pourquoi aménager la RN20 si on fait le C6 ? On peut en effet se le demander… sauf que si le C6 avait été la solution, pourquoi ne l’a-t-on pas fait ? Des améliorations de la RN20 ont été régulièrement apportées par les services de l’État jusqu’à il y a une quinzaine d’années mais sans perspectives d’avenir.
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- L’absence de volonté des communes, traversées par la RN20 entre Arpajon et Longjumeau, de porter ensemble un projet commun qui fait qu’aujourd’hui rien n’avance. L’État s’est d’ailleurs toujours appuyé sur ces divisions et donc sur l’absence de rapports de forces, pour ne rien faire de sérieux.
Cet état de fait a été reconnu par tous les intervenants sans exception, politiques ou non.
Trois groupes de travail étaient organisés l’après midi pour élaborer la « Charte d’aménagement de la RN20 ».
En tant que rapporteur d’un des groupes de travail, j’ai fait part de la synthèse des réflexions du groupe sur l’adaptation des modes de déplacement aux nouveaux modes de vie. Il se trouve que cette synthèse s’est inspirée largement de mes propositions. Je la reprends ci-après étant entendu que la synthèse finale sera fournie par les organisateurs des Assises.
« Il faut remarquer en préliminaire que la RN20 n’est pas actuellement mentionnée comme axe majeur ni dans le SDRIF (Schéma Directeur de la Région Ile-de-France) ni dans Essonne 2020. C’est une lacune qu’il convient de corriger. Sans cela, la RN20 risque de rester la laissée pour compte qu’elle est actuellement dans les schémas d’aménagements routiers. Il y a actuellement d’importantes opérations immobilières en cours ou à venir au-delà d’Étampes qui vont augmenter et aggraver la circulation sur la RN20.
La RN20 doit devenir un véritable boulevard urbain ayant une capacité maximum de 30 000 véhicules/jours contre 55 000 à 77 000 aujourd’hui selon les endroits.
Deux types de trafic sont à considérer : le trafic national de transit qui pourrait emprunter un tunnel (par exemple) dans la section Linas-Ballainvilliers et le trafic local en surface connecté au réseau secondaire. A ce stade, les solutions sont ouvertes tout en sachant qu’une large majorité est opposée au projet C6.
Dès que le trafic national aura sa une structure propre, il faudra reconquérir la surface pour le trafic local, créer des liaisons transversales Est-Ouest aux endroits appropriés, sécuriser les déplacements des piétons, cyclistes… et développer un transport en commun en site propre.
Au plan politique, un même projet d’aménagement/requalification de la RN20 doit être partagé par toutes les communes situées entre Arpajon et Longjumeau. C’est absolument indispensable et incontournable si nous voulons établir un rapport de force, en notre faveur, avec l’État, les institutions régionales et départementales. La preuve a été faite au cours des 40 années passées que tenter de résoudre les problèmes au niveau de chaque commune ne fonctionnait pas. Pour cela il faut une concertation des communes pour aboutir à un projet qui fasse consensus.
En termes d’aménagement, il faut en finir avec les « bricolages locaux » qui ne résolvent que des problèmes locaux et qui finissent par bloquer une évolution globale de la RN20. Une vision à 30 ans de cet axe est une nécessité.
En conclusion, il faut qu’une association de toutes les communes concernées voit le jour pour élaborer, en liaison avec un cabinet d’urbanisme, un projet d’aménagement dont les préconisations pourraient être retranscrites dans les documents d’urbanisme des communes afin d’anticiper les évolutions qui suivront. »
L’union de toutes les communes autour d’un projet commun nécessitera que chacune fasse un pas dans la direction de l’autre. C’est la condition sine qua none pour sortir de l’immobilisme qui prévaut.
Un tel projet coûte cher, de l’ordre du milliard d’euros. Un montage financier associant l’État, la région, le département, les collectivités locales, différents partenaires sera indispensable. C’est complexe, mais il est permis de penser que la proximité de l’Opération d’Intérêt National (OIN) sur le plateau de Saclay (150 000 emplois et 80 000 logements) qui inclut des communes comme Ballainvilliers, La Ville du Bois ou Marcoussis puisse faciliter l’obtention de tels financements…
A suivre.
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